Les français seraient-t-ils aussi minables que le veut cet article!
Ce qui est certain c'est que rien ne vaut l'
immersion pour apprendre une langue étrangère.
Les étudiants français toujours aussi nuls en anglais
LE MONDE | 25.08.09
Le précédent ministre de
l'éducation,
Xavier
Darcos, voulait des élèves bilingues à la fin de leur scolarité. Il a bien
fait de changer de ministère avant les résultats 2008 du TOEFFL, ce
"Test of
English as a Foreign
Language" que requièrent les universités anglo-saxonnes pour
inscrire un non-anglophone. Les 20 000 étudiants qui l'ont passé en 2008
arrivent tout juste au niveau attendu en fin de lycée - soit en dessous des
attentes académiques de l'université et bien en deçà d'un quelconque
bilinguisme.
Ces résultats placent la France assez loin dans le classement des bons
connaisseurs de l'anglais. Au 69
e rang d'un classement mondial opéré
sur 109 pays et au 25
e dans la liste des 43 Etats européens. Loin
derrière l'inévitable peloton de tête des pays nordiques, auquel s'ajoutent les
Allemands et les Néerlandais. Tous deux comptabilisent 102 points sur 120, quand
notre score de 88 nous place tout juste ex aequo avec la Bulgarie, la
Biélorussie et la Lettonie. Les cancres de l'Europe étant le Kosovo (73), Chypre
(78) et l'Albanie (77).
Ce test n'est pas représentatif de la population étudiante. Il est passé par
les 20 000 étudiants français qui envisagent de poursuivre leurs études dans un
pays anglo-saxon. S'ils ne sont pas forcément les meilleurs locuteurs dans la
langue de Shakespeare, ils se sentent capables de suivre un cursus en anglais.
Ce qui n'est pas l'avis de toutes les universités d'accueil.
Avec son petit score, l'étudiant français moyen voit son choix d'études à
l'étranger limité. Aussi brillant soit-il dans sa discipline, il peut oublier
l'université Yale, qui requiert un score de 100, ou le MIT (Massachusetts
Institute of Technology), qui accepte à partir de 90 (mais recommande 100). Il
lui reste quand même le soleil de Californie, puisque l'UCLA (University of
California) ou Berkeley se contentent de 83 points. Et encore, rien n'est
gagné.
ADN GAULOISLe test démontre, avec un score de 21 sur 30, que les étudiants français sont
les moins bien notés à l'oral. Ce manque de pratique est un handicap de taille
pour le recrutement dans les établissements anglo-saxons. D'ailleurs seuls les
étudiants chypriotes, monégasques et... italiens s'expriment moins bien que nous
en anglais. L'honneur serait sauf si ces derniers n'étaient sur une pente
ascendante et n'avaient déjà globalement amélioré leur score général de 7 points
en un an. Ce qui fait craindre aux Français d'être distancés sous peu, comme ils
l'ont déjà été par les Espagnols. Le risque est d'autant plus grand que la
courbe de progression française reste résolument à l'horizontale.
Y aurait-il dans l'ADN gaulois un gène qui empêcherait de parler, voire de
comprendre l'anglais ? A l'heure où la génétique aide à comprendre les
dégénérescences et autres blocages, on aimerait qu'elle nous explique pourquoi
les Français restent irrémédiablement imperméables à la langue de Shakespeare. A
moins que le vrai problème ne soit notre système éducatif et que les étudiants
qui remontent la moyenne ne fassent partie des 170 000 jeunes favorisés qui
partent chaque année en séjour linguistique à l'étranger ?
Maryline Baumard_______________________________________
"A conscience is what hurts when all your other parts feel so good"