Magazine :Dans France Football de ce vendredi…Laurent Wetzel, à Bordeaux/Photo Dominique Le Lann[url]

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On a salué la belle saison et la qualification pour la ligue des champions des Girondins de Bordeaux, ceux de Laurent Blanc, les pros, les Ramé,Diarra,Wendel,Micoud et autres Cavenaghi , auXquels les Obertan,Ducasse,Marange,Trémoulinas ont donné un bon coup de main à l’occasion .
Ces gamins-là, comme Chamakh ou, auparavant, Rio Mavuba et Mathieu Valbuena, sortent de la pépinière bordelaise.
Au Haillan, derrière le château, se développent les dépendances, celles du centre de formation où sont passés tous ces gens-là .
Patrick Battiston en est le Directeur ; il est aussi l’entraîneur de l’équipe de CFA, déjà assurée de terminer première de son groupe ,D, et qui s’apprête à disputer les demi-finales des réserves professionnelles le mardi 27 Mai à Lille .
A ses côtés, Philippe Lucas, responsable des 18ans, qualifiés pour leur part pour la finale de la Coupe Gambardella, qu’ils joueront en lever de rideau de la Coupe de France, ce samedi au Stade de France, face à Rennes .
Deux anciens Girondins, revenus au club leur carrière terminée pour transmettre , leur métier et leur passion .
Cette saison 2007-2008 restera pour les Marine et Blanc une belle œuvre d’ensemble .
Entre osso-buco, endives braisées et tartes aux fraises, dans ce qui est leur second chez-eux, Patrick Battiston et Philippe Lucas, que rejoindra Guy Dubois, le responsable administratif et scolaire du centre, devisent sur les ressorts d’une méthode gagnante .
« Les Girondins sont deuxièmes de Ligue1, mais aussi premiers de leur groupe CFA et qualifiés pour la finale de la Gambardella…est-ce le fruit du hasard ? Patrick Battiston : L’objectif n’est pas d’être premier .On n’est pas là pour faire de la compétition avec les jeunes, mais pour les former . C’est banal de dire ça, mais c’est une vérité. Suivant les générations que l’on a pour un ou deux ans au maximum, les saisons sont différentes .
Tu peux baigner dans l’euphorie une année et te retrouver en difficulté la suivante . Il faut donc rester humble .
Cette année, en Gambardella, en CFA, on a de bons jeunes, qui adhèrent bien et qui bossent ….Sept d’entre eux vont d’ailleurs signer un contrat pro ou élite, et ce n’est pas sans doute terminé ….
Philippe Lucas : Je suis d’accord avec Patrick, mais, en même temps, on ne peut pas parler seulement de hasard .
Ces résultats d’ensemble des Girondins sont aussi la conséquence d’une politique voulue, dès l’origine, par l’actionnaire principal, qui porte aujourd’hui ses fruits ; c’est la conséquence aussi d’un gros travail, de sa qualité , de l’idée que l’on se fait de la formation .
Quelle est donc cette idée de la formation à Bordeaux ? Battiston : Il y a une conception générale , une planification annuelle, et l’on s’y tient . On prend en charge un groupe en août, il faut le faire progresser, le bonifier, qu’il soit meilleur au mois de juin .Voilà .
On a pour ça notre connaissance du métier, notre vécu de joueur et nos diplômes . Avec ce bagage, on sait quoi faire lors des périodes difficiles, des matches à forte pression, sur des terrains gras, lors des coups de blues . Mais on jouit d’une grande liberté ….
Lucas : Patrick et moi, nous n’avons rien à prouver . Nous n’existons pas à travers nos équipes . Nous avons eu une carrière professionnelle et elle a été belle .la reconnaissance nous l’avons obtenue à cette époque et nous sommes là pour que ces jeunes la connaissent aussi un jour . On a envie de transmettre, de former des joueurs aptes au haut niveau, sur les plans tactique, technique, mental ….
Battiston : (
il coupe) . Ah, le mental ! Le propos est à la mode . Mais il faut savoir encaisser tout ce qu’il y a à encaisser . Pas seulement la charge de travail, mais le public, les médias, les agents, les sollicitations …
Les garçons qui arrivent chez nous ont des possibilités et des envies, mais être au centre de formation ne doit pas être une fin en soi : on doit percevoir tout au long de l’année un fort investissement personnel …
Lucas : ….et pas seulement en matière de football …Nous sommes éducateurs-formateurs. Nous sommes là pour leur apprendre aussi des principes de vie, leur inculquer des valeurs humaines, le respect, l’exigence . Quand ça ne marche pas dans leur scolarité, nous en sommes informés, nous recadrons .
Existe-t-il une philosophie générale définie, un style de jeu précis, voulu peut-être par Laurent Blanc ? Battiston : Il existe un principe, c’est la défense à quatre et la zone . Après, on s’adapte . On peut jouer en différents systèmes en fonction des éléments dont on dispose, des résultats recherchés .
L’objectif est de faire jouer les meilleurs .
Si tu as trois milieux défensifs très bons, tu les fais jouer . Laurent(Blanc) et Jean-Louis(Gasset) viennent, observent, anticipent ; ils sont à l’écoute aussi .
Lucas : Elie Baup par exemple, était plus directif . Il voulait que Bordeaux joue en 4-4-2 . Laurent, n’est pas interventionniste . Il fait confiance . Mais il assiste aux matches, très discrètement et il discute beaucoup .
Vous êtes avec Jean-Luc Dogon, responsable des 15ans, d’anciens joueurs du club . La culture club est-elle nécessaire ? Battiston : On est attaché au club, car on y a connu des moments forts, exeptionnels . On a un devoir d’exigence et d’efficacité par rapport à un club qui nous a beaucoup donné .
Lucas : C’est une volonté des dirigeants . Patrick est là depuis douze ans, moi depuis neuf ; c’est un gage de stabilité . Il y a effectivement un esprit maison , et ça compte aussi .
A quoi voit-on qu’un jeune est apte à évoluer avec les pros ? Battiston : A l’étincelle dans ses yeux ! A sa maîtrise du geste, du choix, le bon au bon moment ; celui qui voit et sait avant d’avoir la balle, qui temporise ou accélère quand il le faut ….
Lucas : Dans le comportement quotidien, c’est celui qui arrive avec la banane , qui dit bonjour, qui est toujours à l’heure, qui répont toujours présent , qui porte les buts, fait du rab …..c’est aussi la mentalité pro : en vouloir plus .
Les jeunes qui font un passage chez les pros changent-ils de comportement ? Battiston : Ils sont demandeurs . Se retrouver avec les pros, les approcher, s’entraîner avec eux, ils n’attendent que ça . C’est pour eux un surcroît de motivation et, surtout, de confiance . Mais on est très attentif à la perte d’identité …
Lucas : Car notre rôle est aussi de veiller à ce qu’ils ne « se la pètent pas » .
Qui décide qu’un joueur peut passer pro ou pas ? Battiston : C’est une décision collective . Bien sûr notre avis est important, on est partie prenante .
On connaît les jeunes . Mais Laurent et son staff sont très présent, ainsi que Michel Pavon , lors des entraînements, des matches .
Même si on ne les voit pas, on sait qu’ils sont là, quelque part, dans les tribunes ….
Ils suivent et savent . Les jeunes qui ont récemment signé chez nous sont repérés et suivis depuis longtemps .
L’échec c’est quoi pour vous ? Battiston : C’est qu’un jeune, surtout s’il ne reste pas chez nous, est une mauvaise image de lui . C’est de ne pas arriver à lui faire comprendre que, même s’il n’a pas le niveau pour poursuivre aux Girondins, c’est quand même un bon footballeur, qu’il a un avenir .
Lucas : Pour moi, c’est de ne pas avoir réussi à faire progresser un jeune ; dans son métier de footballeur, mais aussi dans la vie d’homme . Qu’il n’ai pas compris ce qu’on attendait de lui, dans tous les domaines .
Battiston : Certains prennent des coups derrière la tête et parviennent à réagir .D’autres pas . C’est là l’échec .
Et la réussite ? Battiston :Le second but de Bordeaux à Marseille, on n’y est pour rien . Mais quand on voit que c’est Benoît (Trémoulinas) qui passe à Marouane (Chamakh) qui sert Pierre (Ducasse) qui marque ..on est content . On ne se dit pas : P…quel boulot on a fait !
Ce n’est pas ça, c’est …….du plaisir , du bonheur . On a cru en eux, ils y sont . Il n’y a aucune gloire personnelle à en tirer, mais leur sourire, leur joie, c’est une récompense .
Lucas : Notre récompense à nous , elle est là , dans leur réussite . Parce que tu sais tout le travail qu’il y a derrière , tout ce qui a été fait . C’est 250 entraînements dans l’année ….
Il faut être solide pour digérer ça . Depuis le 12 janvier , les moins de 18ans, comme ils sont parvenus en finale de la Gambardella, n’ont pas eu un week-end de libre, pas un jour de vacances . La fierté, on la garde pour nous .
Notre meilleure publicité, c’est un jeune qui réussit, qui passe pro . Et un club qui fait confiance aux jeunes est capable de jouer les premiers rôles en Ligue 1 . »
Ils viennent de signer … Fruits de la politique de formation du club, sept nouveaux joueurs issus du centre ont signé début mai, un premier contrat pro ou un contrat élite chez les Girondins .
Il s’agit de :
Flyod Ayité, 20 ans, attaquant, premier contrat pro
Wilfrid Moimbé, 20 ans ,milieu de terrain, premier contrat pro
Abdou Traoré, 20ans, milieu de terrain, premier contrat pro
Cheik Diabaté, 20ans, attaquant, premier contrat pro
Kevin Olimpa, 20ans, gardien de but, premier contrat pro
Grégor Krychowiak(
Pol) 18ans, milieu de terrain, contrat élite
Grég Sertic,19ans, milieu de terrain contrat élite .
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Team Kescona