Sally Mann, photographe américaine, a reçu plusieurs prix prestigieux dont le « Photographe de l’année » en 1995.
Ses œuvres et collections sont présentes dans de nombreux musées aux États-Unis et dans le monde.
Elle s’est fait connaître du grand public par son œuvre « At Twelve
», une série de portraits de jeunes adolescentes entre l’enfance et
l’âge adulte. Mais elle est surtout réputée pour son œuvre très
controversée, «
Immediate Family», où elle ré-invente la photographie de famille. Elle y montre son
fils Emmet et ses deux filles Jessie et Virginia dans l’intimité de la
vie de tous les jours où se mêlent l’innocence des jeux d’enfants, une
sensualité troublante ainsi qu’une vertigineuse mise en abîme sur la
mort, la violence et la vie.











Source : Texte de Wikipédia
« (…) elle possédait pourtant un ouvrage qui prouvait le contraire :
les trois enfants de Sally, en noir et blanc – des enfants d’une beauté
à couper le souffle. La petite, allongée comme morte dans les herbes
hautes, la peau brûlée par les rayons d’une nature prodigue, le songe
presque palpable dans les feuilles éparses. L’aînée, nue et provocante,
juchée sur le cuir blanc de ses patins à roulettes. Le dos du garçon,
rongé par les croûtes noires d’une varicelle vaincue. La cadette
marbrée de boue, boucles au vents, mine fermée. Le pipi au lit, le
linge étendu. La mort d’un grand-père ; les agrafes brillantes d’un
sourcil fendu de trop avoir joué. Le malaise possible à la vue de ces
enfants aux corps dévoilés, aux visages blessés, se trouvait éradiqué
par la grâce extrême, une parfaite connivence entre le photographe et
ses sujets : la spontanéité de l’enfance saisie dans toute sa
complexité, jusque dans ses recoins les plus dérangeants. Du travail de
Sally Mann filtrait un amour tel qu’un visage de gamin ensanglanté
devenait négation absolue du voyeurisme – simple saignement de nez,
symbole de l’innocence et des étés solaires. Ces images, loin d’être
choquantes ; reflétaient le désir d’une mère de fixer à jamais sa
progéniture en train de grandir, de fixer tout ce qui est beau et tout
ce qui laid dans le processus de croissance – la réalité pure d’un
enfant qui grandit, le miracle de la vie offert à la postérité. En
découvrant ce livre, j’avais enfin ressenti la photographie comme un
art à part entière, d’une puissance qui m’avait jusqu’alors échappé. »
Extrait de “Twist”, Delphine Bertholon
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"Dis Landreau? T'en est où toi? Moi j'galère..."
